Numéro 17
Janvier, février, mars 2020
édition brochée, 218 illustrations et photographies, couleur, papier couché 120 g, format 19x25, 112 p.
44 €
Le Recueil couleur annuel 2024
volume IX
à paraître
le 22 janvier 2025
Revue d'études des doctrines et des méthodes traditionnelles
Cahiers de l’Unité
NOTES
Cliquez sur le numéro de la note pour revenir à l'endroit du texte

Groma de la boutique de Verus (Pompei)
Dessin d’après la reconstitution de M. Della Corte, 1922.
A : Équerre ; B : Fil à plomb ; C : Bras de recherche ; D : Contrepoids ; E : Jalon ; F : Pied

Guillaume de Digulleville, Pèlerinage de l’âme (1355)
B. N., ms. fr. 824, fol. 50 v°.

Augure tenant un lituus
(Bronze étrusque)
Le lituus, bâton augural qui était pour les augures ce qu’était l’équerre pour l’agrimensor
« La terre est le centre de la sphère céleste, et puisque malgré son volume, elle n’est qu’un point géométrique dans l’immensité, il ne faut tenir aucun compte de dimensions relativement nulles, et considérer un lieu quelconque de la terre comme le centre même de l’univers. » (Hygin le Gromatique, eod. Loc, p. 166, L., cité par P. de Tissot, op. cit.)

Centuriation

Blason des Briquetiers et des Tuilliers d’après la Charte de Gateshead (1671)
1. Il s’agit d’une croix à quatre branches, appelé aussi stella, « étoile, constituant l’équerre des directions. À chaque branche est suspendu un fil à plomb (perpendicula). Deux fils à plomb forment un plan de visée. La visée permet la mise en place, de distance en distance, de cordeaux et de jalons témoins sur les deux directions orthogonales. (Cf. Jean-Pierre Adam, « Groma et chorobate. Exercices de topographie antique », Mélanges de l’École française de Rome, t. 94, n° 2. pp. 1003-1029, 1982 ; Gérard Chouquet, François Favory, « De arte mensoria, “Du métier d’arpenteur”. Arpentage et arpenteur au service de Rome », pp. 279-284, Histoire & Mesure, 1993 ; Anne Roth-Congè, « Modalités pratiques d’implantation des cadastres romains : quelques aspects », Mélanges de l’École française de Rome, t. 108, n° 1, 1996)
2. « L’instrument bien connu que les textes nomment aussi ferramentum est ainsi défini par le Pseudo-Festus (86, 1) : “on appelle groma une sorte de petit instrument qui permet de déterminer les lignes droites de chaque terrain, genre d’instrument que le grec nomme gnomon”. [...] Or, qu’est-ce que le gnomon ? Très anciennement attesté dans les textes scientifiques grecs, c’est d’abord un instrument astronomique, constitué par un piquet que l’on plante perpendiculairement à une surface plane : il forme donc un angle droit avec l’ombre qu’il projette et sert de cadran solaire. D’où, à côté d’une acception du mot qui retient l’usage de l’appareil (le “gnomon” est alors “index de cadran solaire”, d’où le “cadran solaire” lui-même), une autre acception qui en retient la position perpendiculaire : c’est ainsi qu’Œnopide, au 5e s. av. J.-C., usait, si l’on en croit Eudème cité par Proclus, de l’expression “suivant le gnomon”, pour désigner la perpendicularité. C’est de là que relève l’emploi du mot dans les mathématiques grecques : la notion d’angle droit et de perpendicularité en est indissociable. La groma romaine, épigone lexical du gnomon grec, est attachée aux mêmes notions. » (Jean-Yves Guillaumin, « Géométrie grecque et agrimensorique romaine », Dialogues d’histoire ancienne, n° 20-5, 1994)